27 juin 2011
Extinction des Dieux
Il y a quelques années, alors que j’étais au lycée, mon prof de philosophie nous entretenait de l’ignorance. Je ne sais pas si cela fait partie de l’arsenal pédagogique du prof mais sa métaphore m’a été des plus éclairantes (pour une fois !).
La connaissance serait la lumière qui repousse les ombres de l’ignorance. Nous avons tous une certaine appréhension de l’obscurité totale non ? Je parle de ne plus voir du tout. D’une situation ou nous sommes privé totalement de notre sens le plus aiguisé. Voyez cette pénombre comme des plus profondes et insondables dans le cas de cette métaphore. Et plus elle est proche de nous, c’est-à-dire plus la lumière est faible, plus la peur de l’inconnu est grande et irrationnelle car notre distance face à l’inconnu est trop courte pour permettre un processus intellectuel de réassurance et de spéculation. L’ignorant, un marcheur solitaire avançant à tâtons dans le noir.
Et bien cette lumière qui repousserait la pénombre serait d’intensité et de couleur variable en fonction de l’avancement de l’espèce humaine. D’une simple brindille enflammée à l’âge de pierre au phare breton en passant par la bougie médiévale ou encore la lampe de chevet lava… Que d’éclairages différents de ce monde obscur qui nous entoure !
Eclairer l’obscurité nous permet de prendre de la distance face aux peurs irrationnelles qui peuvent nous assaillir. Des peurs qui font le pain de la religion à tel point que certains arrivent à en souhaiter une extinction des feux !
S’il est une institution qui soit encline à limiter et ralentir le progrès au maximum, il s’agit bien évidemment de la religion (catholique surtout, l’exemple que je connais le mieux). Des dogmes étriqués et un besoin de soumission par le fidèle sont un moyen d’influer sur une masse populaire pour le moins conséquente.
La religion rassure, elle promet pour peu qu’on s’y soumette, que les monstres qui habitent l’ombre sont repoussés par la divine lumière et que à trop s’en approcher - pour l’étudier par exemple - on risque de se faire dévorer et entrainer dans un monde indésirable. Bien sûr un accident est si vite arrivé que tout bon chrétien serait instantanément pardonné et expédié au paradis si un vil monstre s’infiltrait dans le rai de lumière et venait occasionner des dégâts collatéraux dans sa tentative de corrompre la lumière.
Par l’immobilisme, par la tradition au sens le plus restrictif, la religion émousse notre volonté d’explorateur. Ceci alors même que nous vouons un culte aux pionniers, nous les détestons car nous n’avons pas le courage d’aller contre cette confortable illusion divine. Nous les brûlons dans le feu sacré espérant que ce bonus carburant éclairera davantage… Mais il n’en est rien.
Se libérer des entraves de la religion est un peu comme se battre contre ses pulsions inconscientes, un travail que l’on doit faire sur soit avant même de le revendiquer au sein de la communauté. Une libération aux allures d’extinction des Dieux ?
Alors que le progrès rend accessible à la compréhension la notion même d’ignorance, il devient plus aisé d’imaginer étendre encore et encore notre sphère lumineuse et comprendre et apprendre toujours plus sur notre monde si complexe et si diversifié. Quel besoin d’une chandelle lorsque l’on a à sa disposition un arsenal halogène surpuissant ?
Il s’agit d’un choix à faire, d’un choix libre et consenti que chacun doit faire individuellement. Il n’est même pas question de foi en réalité, simplement de lucidité. Que l’on croit ou non en une entité suprême ne doit pas rentrer en ligne de compte dans ce choix qui oppose une vision unique étriquée, dogmatique, immobiliste et coercitive contre la curiosité intellectuelle et spirituelle. Un choix qui ne modifiera pas vos croyances religieuses. Quelles que soient les « obligations » que nécessite la résurrection après la mort, je suis certain que le jugement de Dieu va bien au-delà du respect des saintes écritures… La question des valeurs humaines mises en exergue par les religions est davantage dépendante d’un contexte historique que d’une impériosité absolue. De tout temps la bienfaisance… De tout temps le respect d’une loi morale divine… Les ministres du culte ne sont après tout que des lecteurs aguerris dans l’art d’interpréter les nombreuses métaphores des saintes écritures. Et ces métaphores ne sont-elles pas juste une sorte d’apprentissage morale ? Un apprentissage qui ne serait absolument pas limitant mais au contraire encourageant à l’ouverture, à autrui bien sûr mais qui pousserait à se forger en même temps que son attachement au collectif, sa propre individualité.
Pour autant, la question de l’extinction des Dieux n’est pas prête de poser. La libération progressive des sociétés des tyrans religieux va de paire avec la radicalisation de certaines mouvances. Les maitres-enchanteurs de la religion n’ont pas dit leur dernier mot, car oui, avant toute chose, le dogme religieux est source de pouvoir sur les peuples.
De tout temps l’Homme a eu besoin de sa peluche divine pour se rassurer qu’il n’est pas qu’un atome parmi d’autres dans l’univers et que sa course ne s’arrêtera pas dans le cimetière. Pourquoi donc retirer sa peluche à un enfant. Laissons-le s’en défaire lors de son adolescence, et laissons-le surtout devenir l’Homme adulte qu’il peut être. Un individu curieux avide de savoir et non de pouvoir, dont la bienfaisance est consentie et réfléchie, dont les actes sont responsables et les paroles assumées. Un individu émancipé !
Soyons lucides et n’opposons pas l’extinction des Dieux athéiste radicale à l’extinction des feux cléricale. Préférons plutôt le pluralisme de la pensée, la responsabilisation de l’Homme face à son prochain et à son avenir personnel. Préférons la curiosité aux certitudes habillées de latin. Encourageons ceux qui doutent à plonger en eux et à se forger leurs propres vérités.
La foi en Dieu est avant tout une foi dans l’avenir de l’Homme, non en l’avenir de l’Eglise !
25 juin 2011
Abstenons-nous ?
Qu’il est révolu le temps des acclamations de la République, et comme il est loin le temps des trente glorieuses… Années d’opulences et d’engouement civique et libéral ! Il faut bien se rendre à l’évidence, car OUI, c’est une évidence que nous courrons droit au mur dans la situation qui est la notre aujourd’hui !
Cela part d’un symptôme, l’abstention aux différents votes concernant nos institutions. Cela part d’un constat, le désintérêt manifeste du citoyen pour ce qui lui parait bien peu palpable dans les hautes sphères (et il a raison !). Cela aboutit à une conclusion, à un besoin vital même, il est grand temps de remuer la poussière pour faire de l’air pur dans la démocratie !
Blâmer les abstentionnistes, certains y ont pensé. Les comprendre, certains s’y emploient. S’il ne faut bien sûr pas les féliciter, nous pouvons au moins déceler derrière ces comportements quelques indices objectifs du défraichissement de la politique française. Qu’y voyons-nous ? Un ras-le-bol d’élire toujours les mêmes têtes avec toujours les mêmes promesses. Une intoxication insidieuse des esprits par les médias (lisez Schopenhauer et apprenez à discerner la langue de bois !). Rajoutez à cela un soupçon de condescendance des élus et un magnifique piédestal pour les y percher et vous comprendrez le pourquoi du ras-le-bol citoyen. Mais surtout, observez attentivement et voyez cette volonté de participation pour obtenir des résultats concrets. Certains soutiennent la vie associative, d’autres les comités consultatifs et participatifs de quartier. Ce sont des actes éminemment civiques. Oh bien sûr tout il ne s’agit que d’une minorité encore, mais nettoyez la désillusion et combien se joindront à cet élan nouveau et émancipateur !
Il ne suffirait que d’un peu de bonne volonté. Quelques âmes ambitionnant moult rénovations du quotidien de leurs concitoyens. Des candidats qui porteraient réellement un message aux gouvernants… des candidats élus en partie au moins sous l’égide d’un mandat impératif !
Il suffirait d’éduquer les médias, de leur apprendre ce qu’est la déontologie et tout particulièrement le respect de la vie privée d’autrui, on expose bien trop d’inepties dans les journaux sous couverts de transparence. Qu’est-elle cette transparence si ce n’est une atteinte à la liberté de pouvoir jouir de ses biens et loisirs honnêtement acquis selon son bon vouloir ?
Il suffirait enfin de laisser le citoyen s’exprimer, et surtout de prendre ce qu’il exprime en considération sans condescendance, sans dénigrement, et sans tarder !
Alors oui abstenons-nous de tout commentaire, et commençons enfin à agir pour faire changer ce monde qui ne nous sied pas ; ce monde enlisé par les oligarques « obèses » de nos impôts qui font de leur vie d’élu une longue, très longue vie de privilèges.
Agissons aujourd’hui car demain ils ne seront plus là et il n’y aura plus rien à apprendre d’eux. Mettons sur leur sièges de jeunes postérieurs dont leurs possesseurs empreints de nos idéaux seront, malgré leur inexpérience, le début d’un nouvel espoir de progrès… des trente glorieuses économiques, passons aux trente glorieuses humanistes !
23 juin 2011
Le péché de progrès ?
Il faudra un jour se poser la question... à quel moment l'ambition devient de l'orgueil ?
En management, on apprend à penser SMART ! Chaque objectif doit être Spécifique Mesurable Accessible Rattaché à un projet et définit dans le Temps... Je pense que quelle que soit notre ambition, nous arrivons à le définir dans un projet global : conquérir le monde, être agréable avec ses parents, perdre du poids, devenir un champion de badminton... tout peut au final se rattacher à un projet. Quant à la spécificité, il est nécessaire que l'objectif à atteindre soit clair pour ne serait-ce que le formuler. L'accessibilité est une notion toute philosophique si l'on se garde de toute fantaisie et pour ce qui est du temps, "le temps nous le dira" comme dit l'adage...
Non, le plus gros problème ne vient pas de l'ambition mais bel et bien de l'orgueil. Ce sont nos motivations qui le caractérisent et nous rend aveugle devant lui. De là à dire qu'il est nécessaire de tous nous analyser pour déterminer quelle est la part d'orgueil dans chacune de nos décisions, il n'y a qu'un pas... Nous sommes tous potentiellement instables d'un point de vue psychique, notre ego nous domine pour la plupart et motive bon nombre de nos attitudes de façon inconsciente. Il est nécessaire de nous contrôler à chaque instant pour rester dans une optique rationnelle. Alors comment diable pourrions-nous en temps réel juger de nos ambitions pour éviter l'écueil de la fierté abusive ? Est-ce seulement même souhaitable ?
Il y a en nous une créativité latente qu'il serait bien dommage de voir contrariée. D'abord parce que ce n'est que trop rare de la voir s'exprimer, et aussi parce que de son expression s'apaisent nos passions. Je suis partisan de cette idée barrage : laisser les eaux s'écouler de façon à ce qu'un maximum d'énergie soit dégagé sans menacer les villages de la vallée et sans permettre à l'eau de déborder mettant en péril l'ouvrage tout entier et la vallée qui s'ensuit.
Laissons donc nos ambitions pleinement s'exprimer en ne leur apposant qu'un contrôle portant sur les dégâts qu'elles pourraient occasionner à autrui ou à nous-mêmes. Epanouissons-nous de les voir s'accomplir et apprenons de leur échecs. C'est ainsi que l'on progresse, c'est ainsi que l'on apprend. C'est par nos échecs que nous nous aguerrissons et c'est par nos succès que nous gardons l'envie d'entreprendre, et l'entreprise est un pas en avant sur le chemin du progrès. L'orgueil est un aveu d'échec qui se constate a posteriori...
Devons-nous prendre le risque de changer ?
Derrière cette question hautement philosophique nous devons nous tenir humblement et ne pas tenir la réponse pour évidente. Car bien entendu la réponse sera différente pour chacun de nous. Il est cependant nécessaire de se la poser, et ceci pour de nombreuses raisons.
Le changement est la vie en soit. L'absence de changement est une caractéristique de la mort qui nous attend tous autant que nous sommes. Faire "honneur" à la vie revient donc à accepter cette dimension dynamique de notre être. Refuser le changement est une façon de nier son humanité, d'abandonner sa condition d'être dynamique dans ce monde dynamique et d'adopter le statut d'objet inanimé, de tapisserie en quelque sorte. Cette considération n'intéressant bien sûr que la dimension philosophique et individuelle du changement.
Dans sa dimension sociale, le changement est une fonction d'ajustement des variables qui structurent la société. Les mœurs, les connaissances, les relations... tout évolue dans notre société à un rythme qui ne dépend que de notre capacité à faire évoluer les caractéristiques existentielles de notre société. Du régime politique à la place de la religion, en passant par le système de castes socioprofessionnelles ou les influences philosophiques sur les populations, tout entre dans l'équation qui définit la stabilité d'une société. Et cette stabilité qui parfois menace d'échoir nécessite un nouvel ajustement chez chacun d'entre nous, afin que le collectif se relève grandit de cette épreuve. Dans l'histoire des sociétés, celles qui n'ont pas su s'adapter ont péri...
Posons-nous les bonnes questions sur nos statuts actuels... Sommes-nous bien à notre place ? Cette société est-elle encore adaptée à notre quotidien ? Allons-nous prendre le risque de défier le statu quo ?
Car des risques il y en a... mais quel risque vaut la peine que l'on change si ce n'est celui de voir progresser notre société et nous-mêmes ? Quel Homme est celui qui ne cherche pas à rendre son monde meilleur ? Il est si facile de se satisfaire de ses acquis et tellement difficile de repartir de zéro. Mais il est encore plus facile de se couvrir les yeux de peur de voir apparaître les difficultés qui feront s'enliser le collectif. Acceptons le risque et prenons le parti du changement plutôt que de nous enkyster dans une situation qui à terme ne conviendra à personne. Ca demande bien du courage d'accepter de se remettre en question, et du courage il y en a en chacun d'entre nous !
21 juin 2011
Une infinité de représentations
Chaque seconde qui passe dans notre réalité est unique à chacun. Parce qu’elle est le résultat d’une perception de notre activité interne et du fourmillement d’activités extérieures à travers nos sens.
Chaque seconde qui passe voit notre cerveau engraissé de milliards d’informations qu’il a habilement au fil des années appris à décliner. Car heureusement il filtre, sélectionne, généralise, distord… ceci pour le bien de notre raison fort maladroite à manier des boules de bowling pour servir de boulier et ainsi élaborer au sortir de ses calculs un comportement adapté.
Ces filtres que nous développons tous sont propre à chacun car ils dépendent de nos expériences bien sûr, mais aussi de notre type de caractère, cette part innée de la personnalité qui se trouve être peu accessible au changement. Ainsi notre réalité est la proie de biais de perception permanents, ce qui ne manque pas d’affecter notre représentation de la réalité.
Respectant le vieil adage de GRINDER et BANDLER selon lequel « la carte n’est pas le territoire », il devient possible de comprendre pourquoi il y a tant de mésententes entres les Hommes. Vous réagissez à ce qui vous entoure en fonction de votre représentation (la carte) de la réalité (le territoire). Lorsqu’il s’agit de réagir au comportement d’autrui, vous réagissez toujours avec votre carte, et l’autre avec la sienne… il peut alors s’ensuivre une escalade vers le déni de communication voire la violence si l’un des deux ne prend pas la peine de se frotter à la carte de l’autre. Il s’agit d’un précepte de la Programmation Neurolinguistique (PNL) d’ailleurs, le meilleur dans une relation est toujours celui qui a la plus grande flexibilité comportementale, celui qui est le plus capable d’interpréter la carte d’autrui… c’est d’ailleurs un grand point d’entente avec la dialectique comme pourrait l’entendre Arthur SCHOPPENHAUER.
Tout cela pour dire que si vous ne comprenez pas autrui, c’est peut-être tout simplement parce que votre carte est trop éloignée de la sienne. Ne vous acharnez pas à lui montrer la votre mais tentez plutôt d’entrevoir la sienne. Cela aussi s’appelle l’empathie ! Et cela pourra bien vous faire changer votre vision de la réalité !
18 juin 2011
La mère-valeur pour la mère réforme
La mère-valeur pour la mère réforme
On parle bien souvent que les jeunes n’ont plus de valeurs sans même être capable de définir ou de citer quelques unes de ces valeurs qui se perdent. Et pourtant, des valeurs, il y en a pléthore !
La solidarité entre les générations, le respect de la propriété d’autrui, le respect d’autrui tant qu’on y est ! …laquelle avez-vous en tête à l’instant ? Je pourrais parler de probité, de crédibilité, d’égalité, de bienfaisance, de tolérance voire d’indulgence, sans oublier rationalité et responsabilité, volonté d’assumer, de liberté bien sûr mais aussi de respecte de la liberté d’autrui avec tout ce que cela implique en retour en termes liberticides… Je vais m’arrêter là.
Selon moi, il existe une infinité de valeur. Et une valeur est définie comme une norme de conduite personnelle ou sociale, relevant de l’éthique, la spiritualité ou la philosophie. Valeurs qui s’associant constituent une échelle de valeur. Notez la hiérarchisation implicitement corrélée à la notion d’échelle, cela signifie que nous attachons une importance différente aux valeurs que nous intégrons (parfois sans savoir les nommer). Cela impliquerait donc, en considérant l’aspect normatif, qu’il soit social ou personnel, que les valeurs elle-même ont une hiérarchie et donc une valeur suprême ! Laquelle est-ce ?
Si nous étudions chaque valeur, nous remarquons déjà que beaucoup, sinon toutes sont composées de trois modes relationnels. Le premier est purement individuel et est relatif à l’importance que chacun donne à sa propre personne et à ce qu’il souhaite accomplir en tant qu’individu : c’est la liberté. Le second compose le lien à la société, lien qui permet une adhésion consentie aux principes du collectif et au consensus qui réduisant implicitement le premier mode intègre chaque individu : c’est l’égalité. Enfin le troisième mode est lié à la dimension humaine, il est rendu possible grâce à l’équilibre entre les deux premiers modes qui permet à chacun de s’intégrer au collectif tout en respectant l’individualité : c’est la fraternité qui donne tout son relief à la société. Là où l’égalité structure et dessine le canevas de la société, la fraternité met en couleur et motive chaque dessinateur.
Tout cela n’est cependant possible que si chacun fait preuve de certaines qualités. Sans rentrer dans les détails, ce qui prendrait encore quelques pages, nous pouvons imaginer que sans un sens des responsabilités aiguisé, l’équilibre des deux premiers modes (individuel et social, liberté et égalité), il n’est pas de lien social durable. Il en résulte donc un clivage de la société au profit des individualités les plus fortes, au détriment de ceux qui respectent les conventions. La notion d’éthique, érigée en valeur de telle façon que loin de n’être qu’une science de la morale c’est avant tout une façon de concevoir l’Homme harmonieusement dans son écosystème, c’est-à-dire intégré pour le bien du système et de lui-même. Une sorte de symbiose organisant d’elle-même toutes les relations sous-jacentes qui ne sont au final que des cas particuliers : la mère-valeur !
Dans le cadre de la mère-réforme, c’est-à-dire replacer le citoyen au cœur de la vie politique (au sens premier : structure, organisation et gouvernance de la vie de la cité), il est évident que l’individu est la cible primordiale et indispensable de toute action. C’est par l’éveil aux liens existants, et dont certains sont en perdition, que débutera le processus d’émancipation intellectuelle nécessaire à une refonte de la société vers plus de maturité, vers un humanisme rationnel, responsable et progressiste ! C’est en mettant au centre des esprits la mère-valeur que la mère-réforme pourra être entreprise !
Olivier TABUTIAUX
10 juin 2011
Retisser le lien social !
Si je viens à me poser la question aujourd'hui de la souffrance du lien social, c'est que je constate jour après jour son caractère étiolé... Mais d'abord, qu'est-ce que ce lien social ? A-t'on réellement besoin de lui ? Et enfin comment renouer ce lien de manière durable et bénéfique ?
Le lien social
Il concerne toute relation implicite ou explicite, consciente ou non qui met en relation de manière physique ou non deux individus. Qu'il s'agisse d'un lien de nature professionnel où la hiérarchie est prépondérante, d'un lien commercial ou le tact est l'apanage de la réussite, d'une relation familiale où le jugement va bon train, voire d'une relation intime... chacune d'elles est différente par son intensité et son signifié. Leurs points communs se situe dans leur aspectinéluctable. L'humain est un être de relation et il ne peut en être autrement.
Le lien social se dresse en régulateur des tenants et aboutissants des droits naturels. Un individu en pleine possession de ses droits naturels doit prendre en compte pour lui-même bénéficier des avantages de la société, les droits de ses congénères. Vivre ensemble signifie faire certaines concessions, lesquelles doivent nécessairement être les même pour chacun. Le lien social permet de rappeler à chacun qu'il n'est pas seul et se doit comme à lui-même le respect et la tolérance.
La liberté est ce qui individuellement représente la marge de manœuvre maximale de chacun. Le regroupement en société qui permet de protéger et de rendre efficient se doit d'être fondée sur un socle égalitaire afin qu'elle ne soit pas subie par l'individu mais choisie. Quant à la fraternité, elle est une conséquence de l'évolution qui au cœur de notre neo-cortex (la "couche" de neurones la plus récemment développée dans l'évolution de l'Homme) nous a donné la possibilité d'innover. L'innovation découle de l'intégration cognitive née des interactions avec l'environnement, qu'il soit humain ou matériel. Elle est le résultat de la curiosité, cette même curiosité qui, si nous-même découvrons un danger dans une relation, nous poussera tout de même à nous y intéresser dans l'espoir d'y trouver un nouveau bénéfice commun.
La curiosité est ce qui nous pousse à nous socialiser parce qu'elle nous permet d'envisager un chemin réciproquement profitable aux côtés de nos frères humains. Le lien social naît donc de l'individu et de cet espoir qu'il nourrit. Il ne se résume donc pas au signe de tête le matin en croisant votre voisine ou à tenir une porte à une vieille dame sortant de l'épicerie. Le lien social est cette volonté d'aller vers l'autre parce qu'on souhaite y trouver matière à conforter notre idée que la société est un bénéfice pour chacun d'entres nous.
Le besoin de lien, le besoin d'esprit
Car par-delà le besoin instinctif de voir ses illusions de communion confortées, il est possible de saisir, dans les flots incommensurables de possibilités offertes par la société, un peu d'esprit.

Plus exactement l'esprit se nourrit de relations, de contradictions, d’échecs, de satisfactions, de connaissances et de projets. L'esprit ? C'est cette parcelle de philosophie naturellement présente au fond de nous qui nous pousse au questionnement existentiel et nous attire vers une conception de notre avenir tournée vers ce que l'on considère comme le progrès. C'est une entité motivationnelle, et celle-ci peut s'entraîner pour devenir plus ou moins développée et prendre part dans nos réflexions et activités quotidiennes. La spiritualité est par extension cet art de développer son esprit pour qu'il prenne de l'ampleur dans nos raisonnements. Reste encore à savoir à quoi bon ?
Alors je ne fais pas la dichotomie entre l'Homme d'esprit et l'Homme matérialiste, je fais encore moins un quelconque jugement mais vous encourage à observer autour de vous les comportements de chacun en terme de projets et à vous rendre compte de l'aspect matérialiste de certains, ceux-ci mettant tout leurs efforts pour accumuler des richesses, des relations, des loisirs... tandis que d'autres consacrent leurs efforts pour améliorer la qualité de leurs us, de leur rapport au monde et de leur vision de l'existence.
L'esprit est la petite étincelle d’éternité potentiellement présente en chacun de nous. Certain trouveront dans la foi en une vie supra-terrestre un aboutissement d'une existence pieuse et humanitaire. Certains verront dans la peur de l'enfer une raison qui les poussera à l'altruisme. D'autres considéreront une vie de culture et de progrès humaniste comme l'apogée du potentiel humain. Dans tous les cas il n'est pas question de religion mais bel et bien d'intellect éclairé et d'un monde que l'on souhaite voir s'améliorer.
L'esprit est au cœur du lien social puisqu'il pousse à voir en l'autre un aboutissement de son existence. La volonté de venir en aide, la volonté de rendre ceux qu'on aime heureux, le plaisir que l'on a à les voir s'éveiller à la culture, à un savoir-faire et à un savoir-être. Le lien social est ce qui fait de nous des êtres humains à part entière, communiquant, fort de nos identités dont le statut et le rôle sont indissociables de la vie en société.
Renouer le lien, retisser la société
Il existe une solution à la fois simple, belle et compliquée. Celle-ci se nomme empathie et il s'agit de la capacité à prendre en compte la globalité d'autrui dans ses comportements.
L'empathie est un processus cognitif qui permet de se mettre dans la peau d'un personnage sans en subir le retour de force émotif (sympathie) et ainsi ne prendre en compte que les aspects objectif de la situation. Qu'elle soit tournée vers soi (internalisée) ou vers l'autre (externalisée), l'empathie est souhaitable en toute circonstance où une relation est potentiellement génératrice de souffrance. Elle permet ainsi de prendre de la distance et surtout de comprendre rationnnellement les éléments en présence.
Il s'agit d'une forme d'intégration de toute situation qui vise à éviter le plus possible les comportements impulsifs pouvant dégénérer sur le plan relationnel.
En toute circonstance, il convient de se poser certaines questions lorsque arrivent certaines émotions comme l'incompréhension, l'angoisse, la colère... Qu'est-ce qui me fait naître une telle émotion ? Que signifie cet élément que je perçois ? Puis-je y faire quelque chose ? Si non, cette émotion est-elle légitime, et va-t'elle améliorer la situation ? Quelle est l'issue que je souhaite voir arriver ? Comment faire pour y parvenir ?
Se poser une série de question sur la thématique de la relation est un bon moyen pour se donner du temps de réflexion et donc prendre de la distance avec ses propres émotions. Il est donc dans cet état, plus aisé de prendre une décision qui soit profitable, au mieux à tous les protagonistes, au pire à soi-même.
C'est parce que l'individu ne se pose pas de question sur ce qu'autrui pense que le lien social est en souffrance. Des situations de conflit arrivent et ne voit que des parties en bran-le-bas de combat. Comment espérer que dans ces parties subsistent l'envie de construire en commun et donc l'envie de tisser un lien. Par l'empathie et la compréhension de l'autre, il est possible de faire un premier pas vers un avenir en commun qui serait profitable à chacun. C'est donc de renouer un à un les liens que tisse notre société et qui ont longtemps été étiolés dont il s'agit, une démarche individuelle vers le collectif.
Pour reprendre un slogan bien connu, si chacun fait un peu... c'est la société qui gagne. Et si l'on prend en compte la construction de l'édifice sociétal sur la base que chaque individu en est une brique, ce qui est bénéfique à l'un doit pouvoir se voir dans l'édifice et ce qui est bénéfique pour l'édifice sera profitable à chacun. Il s'agit maintenant d'agir et de faire tous ensemble un pas vers l'autre.
07 juin 2011
L’émancipation intellectuelle
Article séléctionné par le Nouvel Obs' : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1972;l-emancipation-du-terme-juridique-au-debat-philosophique.html
En droit, l’émancipation est une procédure par laquelle un mineur d’au moins 16 ans est affranchi de l’autorité légale de ses tuteurs. D’antan on parlait de la même chose pour les esclaves libérés de leurs chaînes. Au cours du 20ème siècle, nous avons parlé de l’émancipation des femmes dans un sens similaire, ces dernières souhaitant se libérer de la mainmise traditionnelle des hommes sur leur vie.
Très vite nous pouvons nous pencher sur le cas de ces enfants lâchés dans la nature, matures légalement et encore si adolescents du point de vue psychologique. Ainsi que sur le cas des femmes, sont-elles réellement parvenue à obtenir cette condition d’égale-à-égal avec les hommes ? On nous le rabâche chaque année, à travail similaire, une femme gagne 15 à 20% de moins en moyenne. On l’observe dans bien des cas, à compétence égale, on préférera un homme pour les postes à responsabilité. Et que dire des anciens esclaves qui n’ont connu que la servitude et se retrouvent du jour au lendemain libres dans un monde dont ils ne connaissent rien et qui est habitué à les voir enchaînés… un choc psychologique qui mettra à l’épreuve leur flexibilité comportementale.
Pourquoi de telles difficultés à accepter le changement profond que l’émancipation des individus provoque ? C’est qu’il existe une autre dimension à l’émancipation qui cette fois ne dois pas toucher qu’une catégorie sociale mais l’ensemble de la population. Une dimension qui pourrait bien offrir à chacun cette flexibilité et cette reconnaissance de l’individu par le collectif. Il s’agit de l’émancipation intellectuelle.
L’émancipation définie par le wiktionnaire est une extension de la définition de l’acte légale qui consiste à libérer de la tutelle un mineur. Il s’agit de se libérer de toutes contraintes. Dans le-dictionnaire.com, il ne s’agit que de l’acte légal conférant à un mineur les droits juridiques d’une personne majeure.
Quelle que soit la définition prise en compte, il y a cette dimension symbolique de la libération d’une personne de ses contraintes. Contraintes pouvant prendre la forme d’obligations, de responsabilité morale ou légale, d’actes forcés, de volonté imposée… Chacune de ces contraintes pouvant venir de l’extérieur, comme de l’intérieur !
Et bien oui, que l’on s’impose des responsabilités, que l’on accepte la servitude, que l’on se soumette à la volonté d’autrui est du ressort de notre libre-arbitre dans notre société moderne, il ne tient qu’à nous de nous libérer, quelles qu’en soient les conséquences.
Nous pouvons aussi le voir au figuré et admettre que notre première source de contraintes est composé par tout un ensemble de préjugés qui, certes utiles puisqu’ils économisent notre faculté de jugement, corrompent notre libre appréhension de la réalité par les raccourcis qu’ils induisent. Ainsi nous sommes tous entravés par des chaînes que bien souvent nous ne voulons pas voir.
L’émancipation intellectuelle consiste donc, faute de pouvoir s’en libérer totalement à prendre conscience de ces chaînes et à les rendre les plus légères, maniables et esthétiques possible. Ne plus avoir de préjugés, ce serait comme réapprendre l’alphabet à chaque page d’un livre que l’on lirait, c’est perdre cette dimension instinctive de l’appréhension de la réalité qui nous permet de vivre en phase avec notre temps et pas au ralenti.
L’individu émancipé est une femme ou un homme éclairé de ses propres faiblesses et qui tend à progresser dans l’optique de les minimiser en prenant en compte toutefois le fait qu’il n’est pas possible de les réduire à néant. L’individu émancipé est un être qui accepte l’existence d’autrui sans le réduire à son discours, il ne juge ainsi que le discours et les idées émises dans la relation qui le lie à cet autre et reconnaît les droits naturels de son frère humain, son égal. L’individu émancipé a touché du doigt la curiosité de son existence et tend à vouloir s’approprier les vérités factuelles pour se construire sa réalité conceptuelle et spirituelle. L’individu émancipé, dans le meilleur des cas, a compris qu’il était de son ressort d’aider d’autres à prendre conscience de leurs chaînes puisque ces dernières avilissaient l’esprit humain pour l’en réduire à sa dimension instinctive dans une expression individualiste et matérialiste.
Il s’agit pour l’individu de ne plus se laisser aliéner par ses préjugés abusivement réducteurs et qui font d’une relation avec autrui ou avec un groupe, une réminiscence des expériences passées, loin de tout sens critique apposé à son propre comportement. C’est en exerçant ce sens critique d’une manière discernante et responsable que ces préjugés s’assoupliront pour rendre à l’individu une vision plus globale, plus humaine de lui-même et de son univers. C’est ensuite un combat de tous les instants contre soi-même pour ne pas retomber dans cet état embrumé et pouvoir s’ouvrir à sa réalité, qu’elle soit matérielle ou spirituelle. C’est en quelque sorte faire taire cet animal instinctif qui veille en chacun de nous à tout moment.
L’ouverture à la réalité matérielle est la prise de conscience de chaque objet, humain ou non qui compose ce monde et avec lequel il faut soi-même composer avec justesse et harmonie. Il faut tolérer ce monde avec sagesse et empathie pour ne pas s’en trouver meurtri et accepter que tous ne passent pas par ces épreuves. La compréhension est cohésion, l’indifférence est la petite mort qui dilacère le lien.
L’ouverture spirituelle est quant à elle l’expression des convictions les plus intimes de l’être sur ses questions existentielles. Qu’elle fasse référence à des influences religieuses ou non, la spiritualité est ce qui donne un sens à notre vie. Religieusement on peut considérer notre vie comme l’épreuve à réussir pour « acheter » sa place dans un monde meilleur tout comme on peut le considérer comme une étape avant une autre et décider d’en faire une œuvre belle, sage et forte. D’une manière plus athée on peut considérer l’élévation intellectuelle et la participation aux progrès de l’humanité comme une fin en soi ou plus simplement de passer son existence à prendre soin des personnes que l’on aime. Il n’y a pas de voie plus belle qu’une autre tant que l’on se donne la peine de tenter de rendre son monde meilleur.
Il ressort de ce nouvel état d’esprit ouvert une forte propension au progrès, qu’il soit individuel ou collectif, selon ses affinités personnelles. Un progrès sommes toutes intellectuel voire spirituel dont le but est de s’affranchir à nouveau d’une condition humaine naturellement liberticide à l’égard de ses semblables. Un travail philosophique et sociologique pourrait alors aboutir à un esprit de rénovation d’un collectif malmené par les individualismes.
Qu’il s’agisse de croyances erronées ou exagérées, la rénovation du collectif devra nécessairement passer par un éveil progressif et consenti aux contraintes limitantes de chaque individu qui le compose. Chacun devra librement accepter d’entrer dans la voie de l’émancipation afin que le progrès qu’elle permet soit pérenne et puisse s’exprimer de tout son potentiel.
L’émancipation intellectuelle est donc un processus actif et volontaire qui consiste à libérer le plus possible son système référentiel et cognitif de toutes entraves portant atteinte à la vision objective de la réalité et à son sens critique et rationnel.
04 juin 2011
Imposer ou exposer ?
A force de pérégrinations de toutes sortes sur la sphère internet, j'en suis venu à être confronté à une grande question à laquelle il me faut répondre.
J'ambitionne et affectionne un point de vue selon lequel tous nous sommes capables de nous améliorer. Certains en ont conscience, d'autres non... d'autres encore s'en contre-foutent totalement ! A propos de ceux qui ne prennent pas conscience de leur potentiel, deux choix se présentent aux yeux des "initiés" : les laisser dans leur ignorance et partir du principe qu'il est de leur responsabilité de s'émanciper, ou partir du principe que tous nous devons avoir la chance de déployer notre merveilleux potentiel.
Si l'on prend le parti de l'éveil, il faut considérer la façon de faire et la confronter à la motivation du public cible d'une telle démarche. Peut-on envisager une quelconque efficacité d'un éveil chez quelqu'un qui ne l'aurait pas choisi ? Somme toute, le progrès n'en est réellement un qu'à partir du moment où il persiste. Ainsi, imposer un progrès, aussi bénéfique soit-il, en plus d'être un acte totalitaire risque fort de se voir devenir une cause perdue. Il s'agit bien d'un totalitarisme que cette imposition, agir contre la volonté de quelqu'un c'est le déposséder de son libre-arbitre et le cantonner dans un statut d'inférieur ou en tout cas, se positionner en supérieur vis-à-vis d'autrui. Position supérieure, statut d'éclairé... un gourou peut-être ???
Nan, il n'est pas envisageable d'appeler progrès un acte qui soit contre le droit naturel qu'a tout Homme de jouir de sa propre liberté ! Alors quoi, on laisse tomber ? Et si nous prenions le parti de la promotion ?
Promouvoir l'émancipation est une voie intéressante. D'abord parce qu'elle n'impose rien, mais parce qu'elle considère avec humanité que tous ne pouvons pas être au courant de tout et donc que comme un nouveau produit, il soit possible d'éveiller à l'émancipation. Se frottant avec cette idée qu'un potentiel créateur est enfoui au plus profond de chacun de nous, comptant sur la curiosité que cette idée induirait, il y a fort à parier que de nombreux fans se pressent au portillon pour s'offrir un bain d'esprit nouveau.
Il est donc impossible d'imposer quoi que ce soit, ceci sur la base des droits naturels. Mais il est possible d'encourager une attitude d'ouverture spirituelle et humaniste si l'on considère que ce potentiel positif est accessible et cultivable. Tentons le pari et parlons-en autour de nous, donnons une chance à chacun de se découvrir soi-même et de développer son potentiel au-delà des croyances limitées qui obscurcissent notre champ de conscience !
31 mai 2011
Une pensée nouvelle et humaine !
Le civisme au secours de la société...
C'est l'expression de la volonté collective de structurer son existence en tant que telle qui a permis la fondation de l'Etat. Cette volonté de progrès, de protection, de subsistance dans l'union a forgé au cours des nombreuses années d'évolution la trame politique telle que nous l'imaginons tous : un monde de droit, d'égalité, de loyauté et d'entraide...
Aujourd'hui, force est de constater qu'il n'en est rien ! Que l'individualisme est la règle, que le groupe ne comporte plus de liens mais des chaînes. Les droits sont revendiqués, les devoirs, eux, sont oubliés... nous sommes dans la crise du lien social, et cette crise est d'origine multifactorielle. La faute à qui ? Au capitalisme ? A la mondialisation ? Au communautarisme ? Aux théories sociales ? Etc... La faute ne revient à personne, et revient à tous à la fois. Il n'y a pas de faute à rechercher, mais une solution à trouver !
Cette solution, elle vient de l'individu sciemment et volontairement mis au service de la communauté. Il s'agit de recréer un lien social fort, durable et respectueux de l'individu ! Cela nécessite de chacun un engagement individuel profond basé sur une prise de conscience collective, celle que seul, personne n'est apte à faire tourner son monde... que personne n'est plus ou moins important qu'un autre face aux liberté, aux droits et aux devoirs.
Il est temps d'essaimer sur notre société les germes d'une nouvelle conscience citoyenne, une conscience fondée sur un système de valeurs solides et universellement reconnues comme bénéfiques pour l'Homme et pour le groupe dont il fait partie !
Il s'agit d'une démarche citoyenne. Elle fait appel à un ensemble de valeurs, d'attitudes et de comportements que l'on regroupera sous le nom de civisme. Elle vise à la fois l'individu par une exhortation à l'émancipation individuelle et l'acceptation de l'autre. La méthode est de promouvoir responsablement le civisme et encourager la diffusion d'individus en individus. Quand à l'objectif, il est à la fois simple et complexe, à court comme à moyen ou long terme... il s'agit de rendre le citoyen conscient de sa position dans la société et de le rendre responsable vis-à-vis de ses actions et de celles de ses contemporains, le tout dans une optique globale d'amélioration des pratiques nationales.
Le civisme
Il existe en effet une véritable tendance qui de jour en jour s'aggrave, menant les citoyens sur un terrain glissant, une pente savonneuse menant à l'échec social. Chaque jour qui passe voit les citoyens se cloisonner dans une attitude individualiste qui les prive progressivement de leur humanité.
Ainsi il devient fondamental, pour toute entité qui se sentira le courage et la motivation de vouloir mettre à terme à cette ruine, de restaurer ce lien social, cet esprit citoyen qui peut tant faire mais manque cruellement !
Le civisme. Il s'agit de la conscience de l'autre, qui outre cet état d'Homme qui en fait notre égal en termes de droits et de devoirs, voit en lui un reflet de notre propre condition humaine, un lien à nos origines, un lien à notre avenir. Le civisme est cette volonté de progrès conjoint. Cette aspiration collective est également un effort de reconnaissance et de compréhension de l'autre. Cette attitude d'ouverture mène naturellement à la tolérance et favorise l'empathie ce qui finit de nouer de lien social.
L'esprit civique est donc fondamental à la cohésion sociale. Cette cohésion qui naît de la conscience du groupe quant à son propre fonctionnement, des bénéfices et nécessités qui en découlent, appelle à se poser la question de la diffusion d'un tel esprit lorsque la sécession de certain peut mettre en danger le groupe entier. En d'autres termes, comment diffuser et graver dans le marbre des esprits cette attitude socialement responsable et positive ?
Le champ de la mère-réforme
Il s'agit de vous, il s'agit de moi, il s'agit d'eux... de nous tous en tant qu'être de chair et de sang, briques fondamentale de tout édifice collectif.
Il s'agit d'un projet qui nous concerne tous individuellement et vise à terme, la force, la sagesse et la beauté de l'ensemble de notre société. Il s'agit de faire de notre collectif adolescent, un groupe adulte qui œuvrera pour le progrès et le respect de chacun, et de tous à la fois !
Diffuser l'esprit citoyen
Nous ne sommes pas dans le cadre de l'obtention d'une clientèle. Les effets à court terme auront beau être flagrants, aucun progrès ne peut se vanter de l'être s'il ne laisse pas de traces. L'essentiel du contenu à diffuser est un ensemble de valeurs. La tolérance, la fraternité, l'empathie, la justice... voilà ce qu'il est nécessaire de diffuser.
Il est intéressant de remarquer que la solution la plus efficace pour atteindre cet objectif est de passer soi-même par cet état. Qui mieux qu'un être empreint de ces valeurs humaines peut mieux "enseigner" à être humain ? Il ne s'agit pas d'exemplarité, il s'agit d'imprégner progressivement l'interlocuteur de ces valeurs, de cette humanité, en ayant l'intime conviction que notre démarche est "la" bonne. Dans cet état d'esprit se trouvent magnifiées ces valeurs et il en ressort une influence positive.
De l'efficacité de cette démarche individuelle dépend son influence finale sur la population. Une personne seule qui possède ces qualités relationnelles et intellectuelles peut forger un certain nombre de personnes suivant sa motivation, mais s'épuisera vite d'être le pionnier solitaire. Il est donc nécessaire qu'une première vague se forme et propage cette "formation" au civisme. Des personnes du même acabit et reconnues comme tel. Mais quel est le moyen de reconnaître en une personne, les vertus morales nécessaires à une telle démarche ?
La démarche qualité citoyenne
Les termes employés sont ceux de la rigueur industrielle et commerciale. Il ne s'agit pas de faire l'apologie de la société de consommation, du capitalisme ou de quoi que ce soit si ce n'est de notre produit, en l'occurrence la démarche citoyenne ! Il s'agit d'un produit puisque sorti tout droit des entrailles de nos esprits humains. Une production, une création merveilleuse que celle qui promet une vie harmonieuse à la société. En d'autres termes, employer une méthode rigoureuse pour valoriser une démarche des plus positives est plus que bienvenue du point de vue de l'efficacité !
Et cette démarche, elle commence à l'individu même. Puisqu'en convaincre un seul est le signe que tous peuvent l'être ! Puisque la raison, la morale, l'éthique sont des combats menant à la justice, à l'équité et par là-même à la liberté ! Puisque la fraternité est le lien social même, la trame invisible qui propage de part en part de la société toute idée l'influençant... il est primordial qu'allant d'un en un, le civisme soit transmit de manière responsable et durable.
L'utilité d'une telle démarche qualité cautionne sa faisabilité première. Elle est désormais établie. Il ne reste qu'à la développer point par point et à l'appliquer ! Peu importe que l'on parle de mois, d'années ou de décennies, l'essentiel est d'agir chacun à notre niveau et surtout de donner envie d'agir à d'autres !
Vers un label citoyen !
Il est donc temps d'agir et d'être efficace. Nous n'oublierons pas cependant de teindre nos paroles d'un avertissement sur la profondeur du sujet évoqué. Alors chacun de sa propre initiative aura le loisir et la liberté de se forger sa propre opinion quant au bien fondé de cette action vertueuse qu'est la diffusion de l'esprit citoyen !
Il advient donc qu'il faudra se satisfaire d'un raccourcit. D'un ensemble de comportements à valorisernon pas pécuniairement mais sur le plan de l'esprit. Récompenser la vertu civique par le lever du bandeau qui dévoilera ce monde spirituel qui entoure chacun de nous, et que notre obscur individualisme nous avait masqué jusqu'à cette ère du renouveau citoyen. S'émanciper à traversl'acceptation de l'autre, voilà ce qu'est le civisme ! La nature d'une récompense à un tel élan d'humanité ne peut être que spirituelle... un privilège matériel avili et rabaisse.
Ainsi, cet être initié par une telle découverte sera lui-même le meilleur facteur de transmission de cet esprit citoyen. C'est cette personne qu'il faut mettre en valeur et certifier comme être moralement raisonnable et rationnellement éthique !
Conclure...
Nous n'avons pas à conclure, nous avons à agir !
